2/ Les xéno-xérophytes...

Iris albicans Lange

L'iris "des cimetières" existe au Mont Rose et dans la frange  du PNC à l'extrémité du boulevard de Marseilleveyre. Il y aurait un doute sur l'application de l'épithète "albicans" Lange. Le site "rareplant.uk" (= spécialiste des géophytes des biomes steppiques) fait état d'un protologue se réfèrerant à un iris yéménite, à feuilles grisatres et fleurs à odeur prononcée. Nous avons acquis chez notre confrère anglais un rhizome d'"Iris albicans ex Yémen" et  sommes en mesure d'affirmer que le type yéménite a une période de floraison hivernale (janvier). L'iris des cimetières "adventice" en France a quant à lui une saison de floraison printanière (vers Pâques...)

Il est à noter que l'Iris "albicans" sensu auct. (non Lange?) est plus convecto-résistant que l'iris germanica classique, nous le voyons chaque année partir à l'assaut  des rocailles alors que l'I. germanica a tendance à fuir les milieux similaires. Cependant, l'iris albicans tel que nous le connaissons à Marseille n'est pas très agressif car son mode de reproduction est uniquement végétatif.

Photos ci-dessous: la population du Mont Rose en "coeur de parc" (critique car installé sur une probable ancienne phrygane à Astragalus massiliensis)

Plus bas: l'idéotype "typicus" yéménite correspondant au type de l'auteur danois, déployé dans un avenir proche dans notre jardin expérimental afin de vérifier une éventuelle discordance morphologique avec l'Iris "albicans sensu auctorum".

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Iris pallida Lamarck subsp. pallida

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Iris croate, résistant à l'atmosphère desséchante. Reconnaissable à ses hampes larges et ses fleurs violet-pâle. Les feuilles sont caduques : En hiver, la plante est au repos. Quelques pieds existent au Mont Rose à Marseille, en mélange avec l'espèce ci-dessus.

 

Sternbergia sicula Guss.

Localisation: Dans la frange anthropisée du P.N.C à l'extrémité du boulevard Marseille Veyre 13008. Observation: Station en situation rudérale hyper convective, sur sol squelettique très sec en été. Determinavit 2014 J.M. Tison.

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Pistacia chia Desf. 1804 = P. lentiscus var. chia ("Mastic")

Localisation: Parc de Pastré, un beau sujet mâle de 4 mètres à l'entrée de la traverse de Carthage. D''autres sujets sont disséminés vers la sablière du château. Il existe un beau spécimen femelle boulevard d'Odessa dans l'enceinte de la  caserne des pompiers. Divers intermédiaires "lentiscus-chia" ont été observés à l'ubac de Marseilleveyre.  Observations: À ne pas confondre avec l'hybride imparipenné  térébinthe x lentisque (=P. x saportae).  Le Pistacia chia est au contraire  paripenné et possède des folioles larges et ovales. Il forme à terme une ramure dense, se ramifie dans le haut, ce qui le distingue du lentisque du premier coup d'oeil. Spontanéité douteuse à Marseille. En culture, son comportement diverge de celui du lentisque: P. chia a une nette tendance à l'eutrophilie, voire la nitrophilie, P. lentiscus est nettement plus oligotrophe. Determinavit Coulomb 2012. Figurait dans la plaquette émise par nous-mêmes pour solliciter un partenariat avec le P.N.C.

Plante répandue en Grèce (Chios), en Israël et au Liban. Aurait été introduite à Pastré par le Compte De Sanderval en meme temps qu'un noyau de plantes de la même origine (Quercus virgiliana, Q. brachyphylla, Q. dalechampii...)

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Quercus rotundifolia Lamarck  (Syn.: Quercus elegans Albert?)

Localisation:  Au bord de la route de la Gineste (arbres de beau développement),  se serait resemé de lui-même dans le matorral sur les hauteurs de Luminy, où on l'observe en compagnie du Q. x airensis (ci-dessous) et  Q. coccifera. Un beau pied sur les hauteurs de Pastré existe (planté au bord d'une piste DFCI) et quelques pieds furent plantés en lisière de prairie au bord de l'allée principale. Observation : Indigénat douteux. Les sujets de la Gineste proviennent sans doute des campagnes de reboisement O.N.F des années 60-70.  Les glands ne sont pas astringents, certains ont d'ailleurs un arrière-goût sucré.

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Quercus x airensis Franco & Vasc. = Q. rotundifolia x Q. coccifera variant "enchevetré"

Localisation: Rare, La Gineste, dans le matorral bas à Q. coccifera. Issu des parents présumés (ou putatifs?) Q. coccifera "variant enchevetré" et Q. rotundifolia. Observation: A priori morphologiquement différent du Q. x auzandrii G. & G. 1855, cet arbuste anémo-morphosé et héliophile a une écologie convecto-turbulo-résistante. Sa morphologie est singulière car contrairement aux hybrides x auzendrii que nous connaissons les feuilles plutôt courtes ont une face adaxiale de teinte vert-clair et un indument blanchâtre sur leur face abaxiale. Si on considère que ce chêne est indigène, il constituerait une espèce nouvelle à protéger pour le massif des Calanques. Son statut d'indigénat dépend de l'indigénat d'un de ses parents (= Q. rotundifolia). Determinavit Coulomb 2014.

X auzendrii opt

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Quercus x subdenudata Albert in Albert & Jahandiez (Cat. Pl. Vasc. Var: 447)

Localisation: RR, Parc Pastré, un seul pied à proximité du centre équestre, contre la clôture. Pourrait être issu des parents Q. rotundifolia et Q. coccifera variant "divariqué". Arbrisseau de taille modeste à feuillage épars vert foncé. Feuilles planes, coriaces, régulièrement dentées, obtuses au sommet. Dents courtes. En ce qui concerne le variant "divariqué" du Q. coccifera: cliquez ici

Subdenudata opt

Subdenudata opt 1

 

Pin du Maroc, "Pinus halepensis race nord-africaine" (?) taxon non décrit.

Localisation: Dép. 13: Massif de Vaufrèges, Gineste et Route des Cretes (portion surplombant Cassis sur le calcaire compact). Dép. 83: Mont Faron. Un beau spécimen dans le jardin de la villa provençale à Pastré (photo ci-dessous)

Observation: Pin vicariant du Pin d'Alep, race nord-africaine. Apparemment peu pyrogène et peu attaqué par la chenille processionnaire.  Branches érigées, bois dense non cassant. Cônes femelles petits, conformes à ceux de  la race littorale européenne. Les sujets du Faron cités par Ibrahim Nahal se sont  développés de façon satisfaisante. Semble craindre la turbulence. Pourrait poser à terme des problèmes de contamination génétique (J.M. Tison, comm. orale).

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"Quercus congesta x pubescens" ??; "hybride naturel", sensu J.M. Tison, "Quercus macranthera subsp. syspirensis" ??sensu C. Coulomb

Localisation: un spécimen à Pastré, au bord du canal, sur sable dolomitique presque pur, endroit ouvert et chaud.  Station complexe à modéliser: Le sable a des propriétés thermiquement peu diffusives et s'échauffe beaucoup en surface en été, tandis que la présence du canal abaisse le rapport de Bowen. La convection estivale intense est donc balancée par un fort flux évaporatif à cet endroit précis.Nous en avons repéré deux autres: un planté au niveau de la chaufferie de la cité Luminy, un autre introduit dans le parc Bortoli.

Nous a posé un problème d'identification. Jean-Marc Tison reconnaît que ce sujet est manifestement thermo-xérophile et l'interprète comme un hybride naturel "congesta x pubescens", arguant la présence du Q. congesta à Pastré ;  La persistance d'un tomentum dense sur la face supérieure des feuilles, des glands massifs (= caractère "congesta"); des cupules recouvrantes (= caractère "pubescens",  non "congesta"!). 

À titre personnel, nous l'identifions en tant que "Q. macranthera subsp. syspirensis", avec doute car ce spécimen ne possède pas de stipules foliaires. Toutefois chez Q. syspirensis,  ce caractère ne serait pas discriminant (J. L. Hélardot). Des photos coïncidant avec les nôtres sont visibles sur le web sous le nom mal appliqué "Quercus infectoria"  (Israël). La sous-espèce syspirensis est originaire de nord-Turquie.

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Cedrus brevifolia

Localisation: Deux spécimens de cèdre de Chypre d'assez belle venue ont été plantés par la D.E.V dans les années 80 en alignement au boulevard de Brazza, Marseille 13008, à deux pas du P.N.C. Observation: Nous avons été frappés par la convecto-résistance de cette essence, plantée à même la roche compacte sans capacité hydrique. Cette essence a manifestement un potentiel adaptatif en milieu convectif et rayonnant. Nous avons observé pour la première fois des fruits en 2014. Determinavit Coulomb 2012.

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Pinus brutia

Localisation: Massivement planté à Marseille par la D.E.V (par exemple, plage du Prado, Bonneveine etc...), le pin de Turquie a été planté en campagne de reboisement par l'O.N.F dans la plaine de Carpiagne et sur les grès siliceux du Bec de l'Aigle au dessus de La Ciotat où il semble se resemer de lui -même. Quelques beaux spécimens croissent dans le Parc Bortoli. Observation: Reconnaissable à ses cônes gros verticillés, dirigés en tous sens.

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Intermédiaires brutia x halepensis (?)

Localisation: Plantés en situations isolées ça et là, par exemple au Lancier face au parc Bortoli.... Observation: Beaux arbres très floribonds (vigueur hybride?) d'aspect exotique à potentiel adaptatif et ornemental. Phénotype variable, mais la plupart du temps les cones sont dirigés vers le bas (caractère "halepensis"). La localité de Samena, en coeur de parc serait critique! (=Risque de pollution génétique).

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Opuntia cacanapa  Griffith & Hare 1906  cv "ellisiana"

Localisation: probablement à Marseille aux Goudes et au Mont-Rose?

On est en droit de se demander si certaines stations périmarseillaises citées "ficus-indica" (L.) Miller 1768 ne se rapportent pas plutôt à O. cacanapa, sous le cultivar "ellisiana". En effet, les deux plantes sont des faux-amis!

Même aspect étiré des cladodes, même absence de glochides chez les deux entités, mais la omparaison s'arrêterait là, en réalité ces deux entités correspondent à deux véritables espèces bien tranchées selon le site Opuntiads.com.

Opuntia cacanapa est bien connue des cactophiles états-uniens dont certains utilisent ses cladodes pour nourrir les tortues. Cacanapa se distingue de ficus-indica par des feuilles (tôt caduques) fortement recourbées, caractère présent  également chez O. tardospina et les variants cacanapa:   "Fort Alamo" : Cladodes inermes à aréoles larges et glochides courts, et clones de  notre confrère H. Kuentz anciennement nommés "tardospina" : Ccladodes inermes sans aréoles ni glochides.

Sur la portion siliceuse du dép. 83 on rencontrerait surtout ficus-indica (pas étonnant: O. ficus-indica apprécie les ambiances à Bowen faible...), tandis que les sujets acclimatés sur les portions les plus arides - convectives dans le département 13 se rapporteraient à cacanapa

Des observations plus pointues sur des sujets "foliés" (l'observation doit se faire au mois de mai!) devraient nous en apprendre un peu plus. À noter une publication récente d'un auteur américain (PM Griffith) nous renseigne sur le polymorphisme du stirp 'ficus-indica":  Analysé sous le double aspect moléculaire et ethnobotanique : la variance morphologique  du stirp "indica"  serait le résultat d'hybridations passives réalisées en panmixie  au bord des champs, l'homme ayant favorisé  la sympatrie de clones disparates (streptacantha, tomentosa... peut être cacanapa?)  mais sélectionnés pour leurs tailles élevées, leurs fruits juteux et leurs cladodes plus ou moins inermes. La publication en question ne traite pas de l'espèce "cacanapa" dont le cultivar "ellisiana" nous semble très proche et finalement identifiable par la  forme recourbée de ses feuilles. Il est tout à fait possible que cette mutation soit monogénique et que la création de l'espèce cacanapa soit abusive. D'autres observations sur le terrain seront nécessaires pour y voir plus clair!