Visite à l'arboretum du Ruscas (Forêt Domaniale de Bormes, Var)

Visite de l'arboretum du Ruscas (11/10/2011)

Le président de l'association a visité collection du Ruscas au cours du mois d'octobre 2011.

L'arboretum, ancienne propriété de l'INRA, est géré actuellement par l'ONF.

La roche mère est de type métamorphites, le sol est un ranker acide, laissant par endroit  affleurer la roche nue. Il a été intéressant de constater que vers onze heures du matin, les cailloux issus de filons de quartz pur étaient froids au toucher alors que les rochers schisteux paraissaient chauds en surface (effusivité = inertie thermique élevée du quartz pur, probablement plus faible en ce qui concerne les métamorphites). Le quartz ayant une diffusivité thermique élevée conduit la chaleur au coeur de la roche, et sa surface paraît froide. Une roche constituée d'une proportion moindre de quartz ne diffusera pas la chaleur aussi efficacement, elle aura tendance à  s'échauffer en surface, sans être en mesure de stocker les calories pendant la saison chaude.

Ces observations thermiques ont un retentisement sur le microclimat global du massif des Maures. L' aptitude des roches grenues et des quartzites à stocker les calories (et dans une mesure moindre, des schistes) "lisse" significativement les écarts thermiques à leur surface. A cause du stockage calorique en profondeur, la surface de ces  roches a tendance à ne pas refroidir la nuit, et est le siège d'un rayonnement nocturne dans le spectre infrarouge qui  réchauffe l'atmosphère en absence de vent . Il est notoire, depuis les travaux de Flahault à ce sujet*, que la Provence cristalline a un climat conservatif qui tranche avec le climat extrême de la Provence calcaire et du Massif de l'Esterel, à climat de type "extrême".

L'interprétation des données biométriques de la collection du Ruscas doit tenir compte des données thermiques ci dessus exposées.

Les collections (feuillus et conifères) sont pour la plupart réparties en fond de vallon où l'eau gravitaire semble être disponible au cours de l'été, et où le stress hydrique ne constitue pas un véritable facteur limitant. Quelques provenances, conifères pour la plupart, ont été disséminées sur coteau.

Deux ou trois exemplaires de Cupressus dupreziana, de grande valeur patrimoniale et génétique, trônent près de l'entrée de l'arboretum, près des casemates. Ces sujets, en pleine fructification au mois d'octobre 2011, paraissent en excellent état sanitaire. Ils constituent une réserve non négligeable de semences pour l'éventuelle  conservation ex situ du taxon, mis en péril sur son propre territoire (Afrique du Nord).

Cupressus dupreziana

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La plupart des essences du Ruscas ont été plantés dans les années 60, et il est surprenant de constater que la plupart des feuillus n'ont pas survécu.


Les survivants se rapportent aux relatifs du Pinus nigra (sous espèces laricio, caramanica, pallasiana, dalmatica, calabrica, salzmanii), et au pin de Turquie P. brutia (var. brutia, stankewiczii, pithyusa); et sa sous espèce eldarica.

Quelques pins à 5 aiguilles sont de belle venue, mais il n'est pas aisé de les reconnaître, la délimitation des "placeaux" faisant défaut actuellement.

Nous avons constaté que d'autres essences de Pinaceae ont un grand développement au Ruscas, tel est le cas du pin laricio, du pin de Monterey (Pinus radiata, Californie), du pin à encens Pinus taeda

Ci-dessous: Pinus taeda

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Quelques feuillus ont réussi au Ruscas, tels le Peuplier de Sibérie (Populus sibirica) et l'Aulne du Caucase (Alnus caucasica).

Ci-dessous: Populus sibirica

Les conifères ayant un développement remarquable au Ruscas sont  Pinus nigra subsp. laricio, Pinus radiata, Pinus taeda, Pinus eldarica.

Ci-dessous: Pinus brutia subsp. eldarica

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La vigueur de ces arbres au Ruscas est exceptionnelle, cependant, nous avons observé que le dynamisme de ces essences est à peu près nulle. En effet, Pinus laricio excepté, ces essences ne semblent pas se resemer d'elles mêmes.

Hormis le laricio, les autres sous espèces du Pin noir ont un développement satisfaisant. Nous avons reconnu sans peine le Pin de Salzmann, de taille plus modeste le long de l'allée en contrebas.

D'autres essences se maintiennent sans donner de signe positif d'acclimatation durable. C'est le cas du Pinus coulteri (photo ci dessous), fructifiant abondamment au Ruscas et exhibant de gros cônes, mais manifestement stressé hydriquement. Sans préjuger de ses capacités adaptatives sur calcaire, il est a supposer que cette essence serait d'autant plus stressée sur calcaire, à cause d'une fraction d'eau volumique en moyenne toujours plus faible dans ces types de sol.

Ci-dessous: Pinus coulteri moribond.

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Pinus pseudostrobus subsp apulcensis, vigoureux et bien ramifié, une valeur paysagère certaine. Hélas peu répandu en culture.

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